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Quelqu'un que vous aimez vient de vivre une grossesse molaire, et vous ne savez pas trop quoi dire, quoi faire, ni même de quoi il s'agit. Le simple fait que vous soyez ici montre déjà à quel point vous tenez à cette personne. Vous êtes au bon endroit.
Quelqu'un à qui je tiens a fait une grossesse molaire
Votre amie, votre sœur, votre fille vient de vous annoncer avoir une grossesse molaire et vous ne comprenez pas bien de quoi il s'agit. C'est tout à fait normal, il s'agit d'une complication rare lors de la fécondation.
Dans une grossesse molaire, il n'y a généralement pas d'espoir d'avoir un fœtus viable et cela requiert le plus souvent une interruption médicale de grossesse. Par la suite, la mère aura un suivi afin de s'assurer que les cellules anormales ont bien été éliminées. Dépendamment du type de môle (partielle ou complète), le suivi durera de quelques mois à 9 mois. Ce suivi fait en sorte qu'il est plus difficile pour les parents de passer à autre chose et peut augmenter la durée du deuil. Cela peut également être une source importante d'anxiété étant donné que chaque semaine la mère s'interrogera sur ses résultats.
Cela signifie aussi que la mère ne pourra pas réessayer de tomber enceinte tout de suite, ce qui peut être dévastateur pour certains parents.
Les grossesses molaires sont une occurrence relativement rare (environ 1 grossesse sur 600 au Québec) et cela peut faire en sorte que la mère se sente incomprise ou seule dans sa douleur. Se renseigner sur ce qu'elle vit est déjà une très bonne étape afin qu'elle n'ait pas besoin d'expliquer en détail ce qu'elle vit.
Malheureusement, pour les grossesses molaires complètes, il y a une probabilité oscillant entre 15 et 20 % de nécessiter une chimiothérapie (de 0.5 à 5 % pour les grossesses molaires partielles). Cet aspect peut sembler pour beaucoup de mères comme une épée de Damoclès et peut rendre la vie quotidienne difficile.
Néanmoins, bien que le mot chimiothérapie fasse peur, il est important de noter qu'il s'agit d'une chimiothérapie à des doses généralement inférieures à la plupart des chimiothérapies données. Et les études montrent que la quasi-totalité des femmes conservent leur fertilité après le traitement.
Ce qu'il vaut mieux ne pas dire
Quand on apprend la nouvelle, on veut aider et on ne sait pas toujours quoi dire. Certaines phrases bien intentionnées peuvent malencontreusement blesser ou minimiser ce que vit la personne.
Comment les soutenir?
Soutenir quelqu'un qui traverse une grossesse molaire c'est souvent moins une question de grands gestes que de présence constante dans le temps. Voici quelques pistes concrètes.
Soyez là, pour vrai. Pas besoin de trouver les bons mots. "Je suis là pour toi" dit souvent plus que d'essayer de faire de longs discours. Votre présence, même silencieuse, compte. Proposez quelque chose de concret plutôt que de dire "appelle-moi si t'as besoin". "Est-ce que je peux t'apporter un repas jeudi ?" c'est beaucoup plus facile à recevoir.
Parlez-leur, à tous les deux. Il est important d'être présent pour les deux parents, même si seule la mère a porté l'enfant et subit les suivis et les traitements. Le père vit lui aussi un deuil, même s'il l'exprime différemment. Un café, une invitation, un message. Ne l'oubliez pas dans votre soutien.
Tenez sur la durée. Le suivi médical après une grossesse molaire peut durer de quelques mois à un an. Ce n'est pas une épreuve qui se termine après les premières semaines, c'est une longue période d'incertitude et d'attente. Et tout cela prolonge le deuil. L'entourage a tendance à se mobiliser au début puis à passer à autre chose, au moment même où l'isolement s'installe vraiment. Continuez à prendre des nouvelles, même deux, trois, six mois après.
Parlez de l'enfant si elle en a besoin. Beaucoup de proches évitent le sujet pour ne pas raviver la douleur. Mais pour beaucoup de mères, ne pas en parler donne l'impression que personne ne se souvient. Suivez son rythme, si elle en parle, parlez-en avec elle. Ne changez pas de sujet par peur de la blesser. Elle y pense probablement déjà.
Informez-vous. Le fait d'être sur cette page est déjà une très bonne étape. Comprendre ce qu'est une grossesse molaire, ce que le suivi implique, ce qu'elle ressent, ça lui évite d'avoir à tout expliquer quand elle n'a pas l'énergie. Ça lui montre aussi que vous prenez sa douleur au sérieux.
Nous sommes là
Si vous cherchez des ressources pour mieux soutenir votre proche, ou si vous avez des questions, n'hésitez pas à nous contacter.
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Comment se sent-elle?
Bien sûr, chacun réagit différemment devant cette situation, mais voici quelques émotions souvent retrouvées chez les parents qui vivent une grossesse molaire.
Un monde qui chavire
Les projets s'écroulent, le temps est figé.
Une profonde tristesse
Le deuil d'un enfant, de toute une vie imaginée.
La culpabilité
Le sentiment d'avoir échoué, alors qu'on n'y est pour rien.
L'isolement
L'impression que personne ne comprend vraiment.
La colère
Contre la situation, contre soi, contre l'injustice.
L'anxiété
L'attente, les résultats, l'incertitude.